Jérôme Pouliot
Plusieurs croient, à tord, que l'adoration consiste à chanter de belles louanges au Seigneur. Ils associent cela aux doux sentiments que l'on ressent dans un temps d'adoration intense où tout le peuple de Dieu, d'un commun accord offre une louange à Dieu. Certes, ces choses ne sont pas mauvaises en soi, mais elles n'indiquent aucunement qu'il se trouve là de vrais adorateurs en esprit et en vérité.
Jean 4.23-24
« Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. »
La vraie adoration n'est pas d'abord quelque chose de sentimentale ni en des chansons, mais plutôt un réalité d'ordre spirituel. S'il est un livre dans la Bible qui contient beaucoup de chansons, c'est bien le livre des psaumes qui n'est qu'un ensemble de chants. Or si l'adoration consiste d'abord en chants, il sera alors normal de trouver très fréquemment le mot « adorer » tout au long des psaumes. Étonnament, le mot « adoration » n'est utilisé qu'un seule fois au psaume 66.4 (KJF).
En réalité, la véritable adoration en esprit s'associe davantage à l'autel :
Apocalypse 11.1
« On me donna un roseau semblable à une verge, en disant : Lève-toi, et mesure le temple de Dieu, l'autel, et ceux qui y adorent. »
C'est à l'autel qu'il faut adorer, non pas un endroit physique et géographique, comme l'a expliqué Jésus à la samaritaine :
Jean 4.21
« Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. »
mais bien un endroit spirituel, là où le sang éternel de Jésus a été transporté :
Hébreux 9.11-12
« Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire, qui n'est pas de cette création ; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle. »
Ainsi, la première mention d'un véritable adoration dans la Bible a eu lieu lorsqu'Abraham a offert son fils Isaac en sacrifice sur un autel :
Genèse 22.5
« Et Abraham dit à ses serviteurs : Restez ici avec l'âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous. »
Or, il n'y avait pas là de quoi se réjouir ou de chanter ; offrir son fils n'avait rien de joyeux pour lui. C'est justement en de telles circonstances, où nous avons affaire à un Dieu qui nous dépasse et qui est à la fois trop grand pour être compris, que l'adoration s'exprime le mieux. L'autel représente l'endroit où l'amour de Dieu s'est révélé dans toute majesté ; comme le Père éternel a offert son Fils unique pour nous. Contempler Jésus à la croix, couvert de sang, le corps en lambeaux déchirés suscite en nous un état d'âme et d'esprit que les mots ne sauraient exprimer.
« Oh Jésus! se peut-il que tu aies fait cela juste pour nous ? Te fallait-il vraiment te rendre jusque-là pour nous sauver ? Nous étions donc vraiment perdus, damnés, condamnés à la perdition éternelle, et toute notre justice n'aurait jamais pu nous agréer devant Dieu ! »
Ésaïe 64.5
« Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. »
Voilà la vraie adoration en esprit! Il suffit d'entrer dans une réalité autre que celle qui est physique ou terrestre ; il s'agit de pénétrer dans un territoire céleste, avec une perspective éternelle, juste en recevant l'Esprit de la grâce qui s'est révélé pour nous tous à la croix. Adorer en esprit, c'est réaliser ce que la grâce de Dieu, nécessaire pour nous sauver, a coûté à notre Sauveur Jésus-Christ : son propre sang. Par la même occasion, c'est prendre aussi conscience qu'il n'y a rien de bon en nous, que nous ne pouvons nous présenter devant Dieu avec notre propre justice.
Romains 7.18
« Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair : j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. »
En réalité, personne n'est assez digne pour entrer et demeurer dans la présence de Dieu ; celle-ci nous consumerait. Seul le sang de l'Agneau nous permet de s'approcher et de demeurer dans cette sainte présence :
Hébreux 10.19-20
« Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair ».
Les vrais adorateurs sont ceux qui se tiennent à l'autel des sacrifices, car ils ont compris que, pour nous croyants, c'est le seul lieu de rencontre possible avec Dieu :
Exode 29.42-43
« Voilà l'holocauste perpétuel qui sera offert par vos descendants, à l'entrée de la tente d'assignation, devant l'Eternel : c'est là que je me rencontrerai avec vous, et que je te parlerai. Je me rencontrerai là avec les enfants d'Israël, et ce lieu sera sanctifié par ma gloire. »
C'est aussi le lieu où nous nous dépouillons de toutes prétentions humaines. Même le meilleur d'entre nous n'est pas plus grand aux yeux de Dieu ; nous n'étions tous bons que pour la perdition éternelle, la Géhenne. Mais Dieu nous a fait grâce en Jésus-Christ, et il continue à nous faire grâce, seulement si nous nous humilions ainsi en demeurant sous ce sang. Notre vie spirituelle dépend du fait qu'à chaque jour nous nous nourissons de son corps et de son sang :
Jean 6.53-56
« Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. »
Il ne s'agit pas de boire littéralement son sang ni de manger sa chair ; Jésus parlait ainsi pour signifier l'importance de son sacrifice qui seul peut apporter la vie à notre esprit:
Jean 6.63
« C'est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. »
En esprit, nous en appelons continuellement à ce sang éternel, qui a été transporté dans le Tabernacle céleste. Comme le dit l'apôtre Pierre, nous participons continuellement à l'aspersion de ce sang : c'est là notre vie et notre ministère :
« et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, afin qu'ils deviennent obéissants, et qu'ils participent à l'aspersion du sang de Jésus-Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées ! »
Abordons maintenant le second niveau d'adoration, l'adoration en esprit et en vérité. La Parole s'explique toujours d'elle-même ; elle mentionne l'existence d'un deuxième autel dans le Tabernacle céleste, comme Moïse en avait été divinement avertie :
Hébreux 8.5
« lesquels célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes, selon que Moïse en fut divinement averti lorsqu'il allait construire le tabernacle : Aie soin, lui fut-il dit, de faire tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne. »
Sur le premier autel, on y offrait le sacrifice sanglant, mais sur le second, point de sang. C'est l'autel des parfums, où l'on offre de l'encens parfumé. L'image d'une offrande d'un nouveau genre nous apparaît évidente. Cet encens devait être battu et réduite en poussière.
Exode 30.36
« Tu le réduiras en poudre, et tu le mettras devant le témoignage, dans la tente d'assignation, où je me rencontrerai avec toi. Ce sera pour vous une chose très sainte. »
Ce deuxième autel parle de nous-même ; la seule manière de s'approcher de Dieu en vérité, c'est avec un coeur brisé et contrit.
Ésaïe 57.15
« Car ainsi parle le Très-Haut, Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; Mais je suis avec l'homme contrit et humilié, Afin de ranimer les esprits humiliés, Afin de ranimer les cœurs contrits. »
Psaumes 51.19
« Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé : O Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit. »
Cela rejoint ce que Jésus a demandé en tout premier lieu, à quiconque veut devenir disciple et le rester :
Luc 9.23
« Puis il dit à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. »
Ce deuxième autel, c'est notre propre croix ; elle nous parle de renoncement à soi, de refuser à notre moi (égo) de désormais régner sur notre vie. Car un nouveau roi est venu, c'est Christ lui-même, et il a tous les droits sur nous. Quand tu adores en esprit, tu comprends toute la grâce que Christ a acquise avec son propre sang, sur le premier autel. Puis lorsque tu adores aussi en vérité, tu réalises que tu dois désormais porter ta propre croix, marcher à la suite de Jésus par le même esprit que lui aussi a marché.
Éphésiens 4.20-22
« Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses ».
Si l'on veut adorer en esprit et en vérité, il nous faut se saisir toujours et davantage de toute la grâce et la vérité qui sont venues par Jésus-Christ (Jean 1.17). Que ce soit le premier autel, qui a tout coûté à Jésus-Christ, ou que ce soit le second autel, qui nous coûte tout à soi-même, où l'on y perd notre vie, la véritable adoration est un état de coeur subjugé par l'amour de Dieu, sa sainteté, sa grandeur et sa sagesse. C'est en soi, une grâce, que Dieu accorde à tous ses vrais disciples, d'avoir le privilège de l'adorer en esprit et en vérité. Quand les mages sont venus d'Orient pour venir adorer le Roi qui venait de naître (Matthieu 2.2), ils n'ont pas lésiné sur l'offrande qu'ils devaient faire ; ils devraient Lui offrir le meilleur de leur vie.
Le Père céleste cherche de tels adorateurs, car il y en a beaucoup qui répondent à l'appel de départ, mais bien peu qui se rendent jusqu'au bout. Car en effet, marcher dans le renoncement à soi ne vaut pas juste pour les jours où tu viens d'accepter le Seigneur, mais cela vaut pour toute la vie. Et la grâce de Dieu n'est pas non plus quelque chose que tu saisis entièrement le jour où tu viens au Seigneur, et après, tu recommences à faire tes propres efforts pour plaire à Dieu ! Non, la grâce de Dieu se vit et se découvre chaque jour, lorsque tu t'humilies près de la croix et que tu demeures sous son sang. Là, tu prends conscience de tes nombreuses imperfections et impuretés, toutes choses dans lesquelles Dieu a encore beaucoup à travailler en toi.
Nous vivons des temps difficiles aujourd'hui, où l'Église en général, croit bien « voir les choses spirituelles », mais en réalité Elle est aveugle. Elle se pense « juste et bien vêtue », tandis que Jésus déclare qu'Elle est nue. Elle se dit « riche et prospère » en tout, mais en réalité Elle est pauvre et en ruines, parce qu'Elle a délaissé et la grâce et la vérité du renoncement à soi.
Apocalypse 3.17
« Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. »
Le prophète Daniel avait averti que dans les derniers jours beaucoup seraient épurés, purifiés et blanchis, et que toutes ces choses s'accompliraient, « quand la force du peuple saint sera entièrement épuisée » (Daniel 12.7-10).
Nous avons le choix, en tant que peuple de Dieu, d'obéir maintenant à l'Esprit de Dieu et de marche dans le renoncement à soi, afin d'être maintenant purifié, épuré et blanchi. Si nous ne le faisons pas maintenant, volontairement dans l'obéissance à l'Esprit de Dieu, nous y serons contraint plus tard bien malgré nous, par les circonstances dramatiques qui surviendront sur la terre, lorsque l'Antéchrist prendra son règne. Jésus désire épargner les siens ; c'est pourquoi dès maintenant il corrige, il châtie (Apocalypse 3.19) dans le but de nous épurer, de nous purifier et de nous blanchir en son sang. Ceux qui reçoivent l'enseignement que la grâce demande (Tite 2.12), porte leur croix chaque jour, en renonçant à soi-même. Malheureusement, si tu remets ton engagement en tant que disciple à plus tard, c'est de ta propre vie que tu vas le payer. Surtout, tu vas passer à côté de l'événement le plus glorieux qu'il sera donné à des croyants de vivre ici-bas : l'enlèvement de Son Église à la rencontre du Seigneur Jésus dans les airs (1 Thessaloniciens 4.17).
Tite 2.11-13
« Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ ».

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