Convertis de peur

Jérôme Pouliot

Le Royaume de Dieu n'est pas quelque chose à venir, c'est quelque chose de présent maintenant. C'est la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit (Romains 14.17). Le Royaume de Dieu, c'est la mouvance de l'Esprit dans nos vies, puisque c'est Lui qui règne maintenant en nous, en autant bien sûr que nous avons fait de Lui le vrai Seigneur et Maître de toute notre vie.

« Voici à quoi ressemble le Royaume des cieux [...] » Matthieu 22.2

Jésus donnait une parabole pour le temps présent et non pour l'avenir. Dans cette parabole, il mentionne bien que l'invitation est pour aujourd'hui et non pour demain ou le siècle à venir.

« Dites aux invités : Mon repas est préparé maintenant. Mes taureaux sont tués (c'est Lui l'Agneau du sacrifice qui est mort pour nos péchés), tout est prêt (l'héritage est à nous maintenant). Venez au repas du mariage. » Matthieu 22.4

Cela ressemble à Ésaïe 55.1-2 :

« Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n'a pas d'argent ! Venez, achetez et mangez, venez achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer ! Pourquoi pesez-vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets succulents. »

Quel est ce repas, quel est cet héritage qui est nôtre maintenant ?

« Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s'écria : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture. Il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » Jean 7.37-39

On voit donc que le Royaume de Dieu, Celui du maintenant, c'est la présence et la mouvance de l'Esprit en nous et cela est comparé à :

  • un repas de noces, un festin ;
  • du vin et du lait ;
  • des fleuves d'eau vive.

en opposition avec les choses vaines du monde :

  • qui ne nourrit pas ;
  • qui ne rassasie pas.

Avant d'aller plus loin, je veux ouvrir cette parenthèse. Il y a un (1) seul motif qui peut pousser les gens vers le Royaume, et c'est le besoin, la nécessité, la reconnaissance et l'amour. Ces choses sont très bien mises en évidence dans l'exemple du fils prodige qui revint vers son père. Ce fils n'agissait pas sur l'effet de la peur, de la crainte du châtiment de son père. Au contraire, s'il avait eu peur de son père, il ne serait sans doute jamais revenu vers lui. Mais il fut tout simplement dans le besoin. La nécessité pour lui était là. Il avait faim et il mangeait comme qui dirait des cochonneries (des mets qui ne sont pas bon pour la santé). Alors il reconnut, « que même les serviteurs de son père étaient mieux traités que lui ». Et là, il se souvient de l'amour du père :

« J'irai vers mon père et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils. Traite-moi comme l'un de tes serviteurs. » Matthieu 15.18-19

Nous voyons, que ce n'est pas la peur du châtiment ou la peur de l'enfer, qui ramena ce fils vers son père. Non, c'est juste la nécessité, le besoin ; parce qu'il est rentré en lui-même (prise de conscience) et qu'il a reconnut la vraie source de la vie, de son bonheur : son père. Au contraire, lorsque des gens prennent une décision pour Christ sous l'effet de la peur, ils agissent comme le second fils de la parabole que Jésus a raconté :

« Que vous en semble ? Un homme avait deux fils ; et, s'adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. S'adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n'alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, les collecteurs d'impôts et les prostituées vous devanceront dans le Royaume de Dieu. » Matthieu 21.28-31

Ici, nous voyons, d'après le contexte, que Jésus était en train de s'adresser :

« [...] aux principaux sacrificateurs et les anciens du peuple [...] » Matthieu 21.23

Ces gens, à la pensée légaliste, avaient agi sous l'effet de la peur : oui, oui, nous irons, mais en réalité, leurs coeurs n'étaient pas convaincu de la nécessité du Royaume de Dieu dans leurs vies ; puisqu'ils n'avaient pas été d'abord convaincu de la futilité et de la vanité de ce monde. Agir sous la peur, engendre souvent des croyants légalistes, pharisaïques et hypocrites, qui se cachent sous un « oui » immédiat, mais qui en réalité n'aime pas le Royaume de Dieu pour ce qu'Il est vraiment.

Ils réagissent comme Adam dans le jardin d'Éden après la chute :

« Il répondit : J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. » Genèse 3.10

Ou encore comme cet homme dans la parabole des talents :

« j'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi. » Matthieu 25.25

Quelle réponse reçu alors cet homme de la part du maître ? :

« Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux [...] Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Matthieu 25.26-30

La peur engendre toujours l'hypocrisie, le désir de cacher le vrai fond de nous-même. Certes, cela peut nous rendre très religieux comme les pharisiens de l'époque de Jésus, mais cela ne change rien en nous. Seule une prise de conscience réelle, de qui nous sommes vraiment, notre folie, notre futilité, notre incapacité à trouver le bonheur ou le vrai amour par nous-même, engendre en nous une repentance à salut, dont on ne se repent jamais après :

« En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. » II Corinthiens 7.10

Nous voyons d'ailleurs que ce n'était pas dans l'habitude de Jésus d'utiliser à tout escient la menace des flammes de l'enfer, pour amener ses auditeurs à la vraie repentance. Cela aurait eu pour résultat, des convertis de peur aussi hypocrites que les pharisiens l'étaient eux-mêmes. Ce qui attirait les gens réellement à Jésus, c'était l'amour, la vraie vie, une réelle puissance intérieure qui l'animait. Les gens simples voulaient ce que Jésus avait, c'est tout !

Il y a deux (2) appâts pour attirer les gens au Seigneur Jésus. Un appât négatif qui consiste en la peur et un appât positif, qui consiste en l'amour et la vraie vie. L'appât négatif engendre des croyants légalistes, mais l'appât positif, quand il est pleinement reçu, engendre de vrais chrétiens qui marchent dans l'amour. D'ailleurs, c'est une Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer aux pécheurs et non une menace qui les éloignent encore plus de Dieu. Dieu nous propose un échange. C'est là tout le propos d'une alliance. Dieu nous dit : Donne-moi ta vieille vie sale, pourrie, vaine et qui ne va nulle part, là même où tu es affamé, appauvrie, nue. Et en échange, Moi, je te donnerai la vie de mon Esprit, la vie de Christ en toi.

Dieu nous tend les bras et non un marteau (pour nous taper dessus) : « Si tu ne deviens pas chrétien, tu vas brûler en enfer ! » Dieu sait que les menaces n'engendrent que les menaces, prêcher la peur n'engendre que l'obéissance légaliste et non une obéissance de cœur. L'amour engendre l'amour et la vérité engendre la vérité !

C'est par la foi et la confiance en l'amour de Dieu que nous sommes attirés vers Dieu. Voilà ce que nous devons prêcher : la foi et la repentance. Mais si nous prêchons la loi, qui ne fait que menace, alors nous plaçons la charrue avant les bœufs. Nous voulons obtenir la repentance, mais sans la foi, qui seule change les coeurs. Alors nous obtenons une repentance superficielle, un « oui » immédiat, sans le cœur en entier. Nous voyons que cela n'a pas vraiment abouti à quelque chose de bon avec le peuple juif. Si la loi était un pédagogue pour nous conduire à Christ, comme le dit l'apôtre Paul :

« Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. » Galates 3.24

c'était seulement un pédagogue bon pour le stage enfant :

« Or, aussi longtemps que l'héritier est enfant, je dis qu'il ne diffère en rien d'un esclave, quoiqu'il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu'au temps marqué par le père. » Galates 4.1-2

Mais l'enfant doit complètement se convertir et passer par la foi, s'il veut parvenir à une vraie repentance de cœur. Sans cela, comme plusieurs enfants ayant grandi au sein d'une famille chrétienne, ils auront le langage chrétien sur les lèvres, mais n'auront pas la puissance de l'Évangile qui transforme les coeurs, présente dans leurs vies :

« Jésus leur répondit : Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. » Marc 7.6

« ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force [...] » II Timothée 3.5

La prédication de la foi doit certes s'accompagner de la présentation de la vérité, qui révèle les choses telles qu'elles sont. Nous n'avons pas à mettre l'accent sur la loi lorsque nous prêchons, car ce n'était qu'un faible reflet de la vérité, l'ombre des choses à venir :

« En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l'exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu'on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. » Hébreux 10.1

Apprenons à dire la vérité dans l'amour :

« [...] professant la vérité dans l'amour, nous croissions à tous égards en Celui qui est le chef, Christ. » Éphésiens 4.15

La vérité dite sans amour, n'amène rien de bon sinon la peur, tandis que l'amour sans la vérité n'est guère mieux; car les gens alors ne prennent pas conscience de l'état désastreux dans laquelle ils se trouvent et ils ne s'engagent pas pleinement.

Soyons lumière, car la lumière attire les gens pour sa chaleur et en révèle leurs imperfections. Soyons le sel de la terre qui, à la fois fait fondre la glace (dureté) des coeurs, mais aussi donne le goût de manger à la table du Seigneur Jésus, le Christ !

La lumière et le sel n'ont rien de négatif en soi comme nous avons pu le constater, ce sont des appâts positifs qui sauront engendrer en nos auditeurs non pas la peur, mais une saine réaction de survie en Christ.

Le message de l'Évangile annoncé comme il se doit dans l'amour et la vérité, est vraiment la Bonne Nouvelle pour ce monde perdu !

 

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