Chapitre 1 : Le premier fondement - la Justice

Jérôme Pouliot

La source de cette provision

« Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a destiné à être, par son sang pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice [ ... ] Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. » Romains 3.21-27

Cette justice est purement un don de Dieu, entièrement gratuite, et l'on ne peut se l'approprier que par la foi. C'est une grâce qui nous est accordée parce que Christ est mort à la croix pour nous. L'Esprit de Dieu est envoyé pour manifester cette justice dans nos vies.

Il est important d'expliquer ce en quoi consiste cette justification par la foi. C'est peut être la chose la plus difficile à comprendre pour un juif pieux, et pour n'importe quel croyant qui suit religieusement les préceptes de sa foi d'enfance. Se regardant comme une bonne personne, plein de sa propre justice, il est difficile pour ce dernier d'admettre qu'il ne peut être justifié devant Dieu par sa justice personnelle. Encore plus, de reconnaître que même ce qu'il y a de bon en lui devient en réalité un obstacle pour s'approcher de Dieu.

Le problème est que ce croyant s'approche de Dieu en prétendant ceci : « Regarde comme je suis une bonne personne ; moi, tu as raison de m'aimer. » Sans s'en rendre compte, l'orgueil personnel aveugle complètement ses yeux, et cet orgueil provient justement de tout ce qui est bon en lui.

« Ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois par semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. » Luc 18.11-12

Le pharisien qui priait ainsi, racontait sans doute sa propre réalité : celle d'un homme juste et bon, du moins à ses yeux. Mais c'était là la cause première de son incapacité de recevoir le salut de Dieu. Les prétentions humaines, même justifiées, n'ont aucune valeur devant Dieu, sinon Jésus lui-même n'aurait pas eu besoin de donner sa vie pour nous. Le publicain, au contraire, reçut de Dieu une justice qui n'était pas la sienne ; tout cela parce que ce dernier reconnaissait facilement qu'il n'y avait rien de bon en lui.

« Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Dieu, soit apaisé envers moi, qui suit un pécheur'. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. » Luc 18.13-14

L'apôtre Paul, fait état du dilemme qui se pose au propre juste :

« Je leur rends le témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence ; ne connaissant pas la justice de Dieu et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu. » Romains 10.2-3

« Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des oeuvres ; ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement. » Romains 9.32

Le premier fondement de la grâce, la source et la base sur lesquelles s'appuient notre salut dépend entièrement de ce que Christ a fait à la croix pour nous ; en aucune façon, cela ne peut dépendre de notre propre justice. De plus, dans notre marche avec Dieu, c'est sur cette même base que s'appuie quotidiennement notre relation avec Dieu ; Dieu ne nous aime pas à cause de ce que nous faisons de bon maintenant, mais bien parce que nous avons placé toute notre confiance en Jésus encore aujourd'hui. Il nous faut revenir constamment à ses pieds et reconnaître qu'en tout temps, ma vie prend sa source à la croix ; mon salut débute par la foi et se poursuit toujours par la foi. Le fruit qui en résulte est une conséquence de la foi, un produit de la foi ; mais la foi elle-même tire son essence de la croix, jamais de mes oeuvres.

C'est le résultat de ce que Jésus a fait à la croix, et surtout qu'il nous ait envoyé son Esprit, nous révélant toutes choses.

« Il dit cela de l'Esprit que devait recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. » Jean 7.39

Définissons d'abord que l'esprit est un état de coeur, une façon particulière de voir la réalité et d'y pénétrer. D'ailleurs, dans la Bible, les sept Esprits de Dieu sont comparés aux sept yeux de l'Éternel (Apocalypse 5.6). L'Esprit Saint vient toujours glorifier Jésus-Christ (Jean 16.14). Comment il le glorifie ? En nous révélant les choses et les réalités célestes qui le concerne. Nos yeux naturels sont aveugles à ce genre de choses-là (I Corinthiens 2.9). C'est pourquoi le Saint-Esprit est envoyé pour nous communiquer sa vision spirituelle. Il ouvre notre esprit à la réalité des choses spirituelles. D'ailleurs, la première chose que Jésus a fait avec ses disciples, après sa résurrection, fût ceci :

« Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures. » Luc 24.45

« Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, ils leur expliqua dans toutes les écritures ce qui le concernait. » Luc 24.27


Tout cela, est une révélation d'en haut. C'est le Saint-Esprit qui vient éclairer nos coeurs ; il nous donne ses yeux pour voir, et il éclaire du même coup notre esprit. Car il est aussi comparé aux sept lampes de l'Éternel (Apocalypse 4.5). Mais voici, le Saint-Esprit, qui est un, peut revêtir sept facettes différentes. C'est comme s'il pourvoit de la lumière céleste et divine en nos coeurs, mais que cette lumière peut prendre sept couleurs différentes. Également, ces sept couleurs peuvent facilement être représentées par les trois couleurs primaires, c'est-à-dire les trois de base qui sont indécomposables, puis les trois couleurs secondaires, c'est-à-dire le mélange de deux couleurs ensemble, puis enfin une dernière couleur qui est le mélange des trois couleurs de base ensemble. Ceci n'est qu'une image, mais cela peut nous aider à comprendre la complexité de l'Esprit qui est à la fois un et sept ensemble.


L'Esprit de foi

« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. À plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. » Romains 5.8-9

Notre esprit, à lui seul, ne peut pas capter et comprendre ce grand amour de par lui-même. En réalité, nous étions séparés de Dieu, à cause du péché, et nous étions ainsi privés de la lumière de la gloire de Dieu. Mais voilà, à cause de ce que Jésus a fait, l'Esprit Saint, les yeux et la lumière d'en haut ont pu descendre jusqu'à nous et nous montrer clairement cette glorieuse oeuvre accomplie à la croix. L'action de l'Esprit en nous produit la foi.

« La foi vient de ce que l'on entend et ce que l'on entend vient de la parole de Christ. » Romains 10.17

Lorsque la parole de la Bonne Nouvelle de Christ est prêchée et qu'elle atteint notre esprit, deux réactions s'offrent à nous : ouvrir notre coeur comme celui d'un enfant et accueillir cette Bonne Nouvelle, ou encore la refuser, y répondre ainsi par crainte de perdre sa propre vie. L'accueil et la réception de notre esprit, permettent à l'Esprit Saint de venir et d'envahir notre coeur de sa lumière. Or nous le voyons, la foi ne vient pas de nous. Elle vient de la parole de Dieu. C'est donc qu'avec la parole de Dieu, un Esprit de foi nous est communiqué.

Notre assurance au jour du jugement, c'est qu'il n'y a plus rien d'injuste en nous. C'est vraiment ici le fondement de la foi en Christ. Christ est le rocher sur lequel la maison est bâtie et la première partie de cette structure édifiée en nous, est la fondation de la maison. Le Saint Esprit met cette révélation en pleine lumière, en nous donnant un esprit de foi pour voir l'invisible.

La seule chose qui nous caractérise, nous, ce qui nous est propre, c'est la douceur de coeur et l'humilité de l'enfant prêt à recevoir.

« Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le Royaume des cieux. » Matthieu 18.3-4

Quand à la foi, elle ne vient pas de nous ; elle est soit un don de l'Esprit ou un fruit de l'Esprit. C'est l'accueil que l'on fait à l'Esprit de foi qui fait de nous de vrais croyants.

« Et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l'amour qui est en Jésus-Christ. » I Timothée 1.14

Lorsque ce message qui apporte la foi, est bien reçu de nous, nous disons que nous croyons. Mais en réalité, nous ne faisons que recevoir la foi qui vient de l'Esprit du Messie, des yeux pour voir la réalité d'en haut. Bien sûr, une fois que nous accueillons ce message de foi, il faut s'y attacher et le garder précieusement.

« Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son coeur. » Luc 2.19

« C'est pourquoi nous devons d'autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d'elles. » Hébreux 2.1

En quelque sorte, nous adhérons à cette foi et nous y croyons. Nous recevons ce qui nous est donné d'en haut et nous y demeurons fermement attaché : voilà notre part. Tout le reste vient de Dieu : l'Esprit de foi et la justice elle-même.


Une vie dynamique

L'Esprit de foi vient nous donner des yeux pour voir, mais il fait bien plus : il communique la justice de Christ et nous rend participant de sa vie.

« Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. » Romains 5.18

Donc, l'Esprit Saint, en plus de nous donner des yeux de foi, transfert la vie, dynamise notre être entier, nous communique une puissance de vie. En effet, le Saint Esprit n'est pas seulement comparé aux sept yeux de l'Éternel, mais il est aussi ses sept cornes.

« Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre. » Apocalypse 5.6

Les cornes, sont celles de l'Agneau, et elles symbolisent sa puissance, son autorité. Or le Saint- Esprit est celui qui nous communique tout ce qui appartient à Christ, et il est celui qui glorifie Christ. En quoi donc consiste cette vie et cette justice de Christ que l'Esprit désire nous partager ? Continuons à avancer dans l'épître aux Romains et nous allons mieux comprendre :

« Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit réduit à l'impuissance, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » Romains 6.6

À la croix de Christ, quelque chose de glorieux et de magnifiquement libérateur s'est passé pour nous. Ce vieil homme (ou la chair), cette vieille nature qui nous portait au péché, ce coeur méchant et tortueux dont parle le prophète Jérémie, a été définitivement cloué à la croix une fois pour toutes, et il est bel et bien mort ! C'est Dieu qui en a posé le verdict final ; à nous de nous en saisir par la foi.

Comprenons bien, que l'Esprit qui nous habite est plus grand que celui qui est dans le monde tel que le déclare la première épître de Jean, chapitre 4 verset 4. L'esprit de mensonge qui hante le monde et qui vient du diable peut bien venir nous faire croire le contraire, mais c'est un menteur et nous avons la puissance de le refouler complètement, de lui résister en pleine face. Ce n'est pas parce que je suis encore tenté par le péché, que la chair n'est pas morte. C'est seulement une tactique de déception du diable pour nous ramener dans le passé, au moyen de la force de l'habitude. Tout cela se joue au niveau de nos pensées seulement, et n'a plus aucun rapport avec notre nature pécheresse ; car celle-ci, comme nous l'avons dit auparavant, a été belle et bien crucifiée avec Christ.

Voilà pourquoi, l'apôtre Paul met l'accent sur le regard de foi qu'il est absolument nécessaire de garder intact à cet égard.

« Ainsi vous même, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » Romains 6.11

À la croix de Golgotha, là où Jésus a été crucifié, notre chair faible, ce coeur tortueux et infidèle, a été coupé et jeté loin de nous comme un prépuce que l'on coupe à la circoncision de l'enfant.

« Et c'est en Lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair. » Colossiens 2.11

Ce qui donnait corps et force à notre chair, a été coupé ou jeté loin de nous ! Désormais, nous marchons en nouveauté de vie par l'Esprit de Dieu.


Une nouvelle nature spirituelle

« J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vit, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. » Galates 2.20

Il importe ici de définir ce qui, en moi, a été crucifié avec Christ à la croix ! Est-ce mon corps qui a été crucifié ? Pas vraiment, puisque mon corps continue de vivre. Est-ce mon âme ? Pas davantage ! Mes sentiments, ma volonté, mon intelligence continuent d'exister comme auparavant. Ce qui a vraiment changé, c'est mon esprit. C'est donc mon esprit qui a été crucifié avec Christ à la croix. Mais comment définir cette partie de moi-même, qu'on appelle « esprit » ?

Le corps est le contenant de l'âme, tout comme l'âme est le contenant de l'esprit. L'esprit est vraiment celui qui habite et qui donne vie à tout le corps. L'âme contient l'esprit, et en même temps se trouve être comme la mémoire qui garde l'empreinte de l'esprit.

« Car la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointure et moelle ; elle juge les sentiments et les pensées du coeur. » Hébreux 4.12

Remarquez ici que l'âme est comparée à une jointure, composée d'ossature, tandis que l'esprit est comparé à de la moelle. Que contient un os ? De la moelle bien sûr ! La jointure contient la moelle et elle en est comme le récipient. Le contenu se trouve être la moelle. Ainsi en est-il de l'esprit qui nous habite et qui vient de Dieu.

« L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, et souffla dans ses narines un souffle (esprit) de vie, et l'homme devint une âme vivante. » Genèse 2.7

L'esprit qui est venu habiter l'âme de l'homme, lui procura la vie. Mais voilà, à cause du péché d'Adam et Ève, cet esprit se trouva séparé de sa source, Dieu lui-même, et il mourut. Non pas qu'il cessa d'exister, car l'esprit a en lui quelque chose d'éternel ; mais n'ayant plus la vie qui vient de Dieu, il devint perdu et errant.

« Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l'air, de l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. » Éphésiens 2.2

En réalité, depuis la chute au jardin d'Éden, notre esprit s'est tout simplement trouvé une nouvelle source d'énergie : l'esprit de ce monde, qui est l'esprit du prince de la puissance de l'air, le diable en personne. Comme une planète errante, notre esprit a subi l'attraction irrésistible de l'esprit de Satan, empreint de sa nature corrompue et plus puissant que l'homme.

« [ ... ] La corruption, qui existe dans le monde, par la convoitise. » II Pierre 1.4

Donc l'esprit de ce monde est un esprit de convoitise. L'apôtre Jean le définit comme suit :

« Or, tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais bien du monde. » I Jean 2.16

La convoitise n'est pas seulement le fait de désirer quelque chose. Dieu lui-même a placé des désirs dans nos coeurs, et le fait de simplement désirer n'est pas mal en soi. Ce qui est mal, c'est de désirer ce qui ne nous appartient pas : voilà le propre de la convoitise. La convoitise devient en fait la racine du vol, du viol, du mensonge, et est à l'origine de tous les crimes commis sur terre.

« Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux [ ... ] » I Timothée 6.10

En effet, la convoitise peut s'exercer de différentes façons : la convoitise de biens terrestres, de personnes physiques, de gloire éphémère, etc. Le premier péché, celui d'Ève, a consisté précisément à s'emparer d'un fruit interdit, qui ne lui appartenait pas. De même, Caïn poussa sa folie jusqu'à vouloir enlever la vie de son propre frère Abel, vie sur laquelle il n'avait aucun droit et qui ne lui appartenait pas. Le meurtre, c'est voler la vie de quelqu'un. Le viol, de même, consiste à voler la sexualité de quelqu'un d'autre. L'adultère, de même, prend son propre corps, qui appartient à son conjoint (dans le cas de personnes mariées), et le donne à une autre personne. Ainsi, elle prive son conjoint de ce qui lui appartient en propre. De la même façon, le mensonge débute souvent en prétendant autre chose que la réalité ou la vérité ; ainsi la personne s'attribue faussement aux yeux de l'autre une soit disante vérité qui n'est qu'en fait une représentation ne lui appartenant pas. C'est ce qu'on définit comme un faux témoignage.

Mais Dieu soit loué, cet esprit corrompu et dévoyé à la convoitise qui nous habitait, a été crucifié avec Christ à la croix. Me saisir de cette vérité, par la foi, me rend réellement libre de l'emprise de cet esprit de convoitise. En Jésus-Christ, cet esprit est mort, et un nouvel esprit m'a été donné, qui désormais est constamment vivifié par le souffle même du Saint-Esprit. Ainsi, ce qui m'anime est un esprit de grâce et de vérité.

« Car la loi a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » Jean 1.16

Cet esprit nouveau, comme je l'ai mentionné au début, n'est pas absent de désir ; c'est simplement qu'il ne désire plus ce qui ne lui appartient pas. Il ne désire que ce qui lui appartient en Jésus-Christ, sachant que ce qui lui appartient est tellement grand qu'il n'en aura jamais fini d'en faire le tour. Si la convoitise est la racine de tous les maux, la mise à mort de cet esprit de convoitise devient notre libération, et la présence de Dieu devient le seul lieu sûr où nos désirs peuvent s'exprimer librement sous son regard.

« Que personne ne mette sa gloire dans les hommes ; car tout est à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous ; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. » I Corinthiens 3.21-23

Ainsi donc, l'esprit de convoitise qui nous incitait au péché, a été mis à mort avec Christ à la croix. C'est ce que l'apôtre Paul appelle le vieil homme ou la chair. Quand Paul emploie ces termes, il ne parle pas du corps, qui n'est qu'une enveloppe corporelle ; mais il parle vraiment de ce qui nous habitait avant, qui nous rendait sans force pour résister au péché.

« Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans la chair ; J'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. » Romains 7.18

« Car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. » Romains 8.7

Christ a réellement accompli à la croix, une oeuvre de libération extraordinaire. En lui ouvrant mon coeur, et en lui permettant de vivre en moi, je lui ai aussi permis de venir mettre à mort cet esprit en moi, le vieil homme. J'ai du même coup, reçu un nouvel esprit, qui désormais s'abreuve à l'Esprit de Christ.

« Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai dans votre corps le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair. » Ézéchiel 36.26

Dieu désirait à nouveau nous redonner, comme au jardin d'Éden, un nouvel esprit qui maintenant vivrait de lui. Pour ce faire, il a enlevé de nous le vieil esprit, et il l'a crucifié à la croix avec Christ. C'est faux que de prétendre qu'il y a encore deux natures existantes en nous, même s'il nous semble le contraire pendant un certain temps. Quand je dis que la racine du péché a été enlevée de nous, il faut bien se rendre compte qu'on parle ici de notre esprit. Or, cette racine de péché, qu'on appelle la chair, a produit plein de petits rejetons au niveau de notre âme ; et c'est là maintenant que le combat se déplace. Je reçois un nouvel esprit tout neuf, en premier lieu, c'est ce qui s'appelle « la justification », mais les prochaines étapes de l'oeuvre de Christ s'attaquent justement aux conséquences du péché. Ce sont tous ces rejetons avec lesquels mon âme est momentanément engorgée. C'est pourquoi, pendant un certain temps, il nous semble encore que deux natures combattent en nous : la nature reçue de Christ, et l'ancienne qui nous semble encore présente. En réalité, le vieil esprit a bel et bien été déraciné de nous, mis à mort à la croix de Christ ; mais ces rejetons, eux, sont encore bien présents au niveau de notre âme. Ils devront eux aussi être enlevés de nous, en s'appropriant l'oeuvre de Christ à la croix ; cette sanctification produite par l'Esprit de Dieu communiquera à notre âme cette nouvelle liberté et la dégagera des engorgements laissés par le péché.

Afin de mieux saisir cette réalité, prenons l'image d'un vieux corps humain, auquel on vient de greffer un nouveau coeur, celui d'un jeune homme. Le coeur a beau être maintenant tout neuf, mais le corps du vieil homme ne pourra guère mieux fonctionner si on ne débouche pas ses artères encore bloquées. En effet, l'ancien coeur fonctionnait si mal qu'il a entraîné dans les artères plein de dépôt de graisse et de cholestérol, qui jusqu'à ce jour, diminue la circulation du sang et brime le fonctionnement du nouveau coeur à sa pleine capacité. Il en va ainsi avec nous, dans nos premières années de vie avec Christ : on a beau croire que « toutes choses sont devenues nouvelles », « que les choses anciennes sont passées », qu'effectivement, un nouveau coeur nous a été donné, mais nous ressentons bien souvent comme un malaise en nous. La trace du péché en nous est encore présente, cet engorgement de nos artères rend le nouveau coeur peu efficace. C'est là qu'on se rend compte, qu'une deuxième appropriation de l'oeuvre de Christ nous est essentielle. À la justification, qui a produit en nous un nouvel esprit, doit se joindre la sanctification, qui effacera les conséquences des traces de ce vieux coeur, et libérera les artères de notre âme. Cela aussi, a été payé à la croix, et c'est ce que nous essayerons d'expliquer dans le prochain chapitre.

Le combat de foi du croyant se situe maintenant au niveau de son âme, qui, comme une feuille blanche servant pour imprimer, a conservé la mémoire des choses du passé. Or le croyant ne peut plus aucunement se permettre de marcher selon son âme, son intelligence, ses sentiments ou sa volonté. Sa foi s'appuie uniquement sur la parole de Christ, sur l'oeuvre accomplie à la croix. En laissant l'Esprit de Dieu imprégner complètement son esprit, son âme s'en trouve renouvelée jour après jour dans la vérité. C'est ainsi, que les traits enflammés du malin sont vaincus, en tenant ferme dans la foi reçue une fois pour toute et qui remonte au commencement, au temps de notre immersion dans l'eau et l'Esprit.

« Or, auriez-vous oubliés que lorsque nous sommes devenus chrétiens et que nous avons été baptisés pour devenir un avec Christ Jésus, nous sommes morts avec lui. Car nous sommes morts et ensevelis avec Christ par le baptême. Et de même que Christ fut ressuscité d'entre les morts par la puissance glorieuse du Père, maintenant nous aussi, nous puissions vivre de nouvelles vies. » Romains 6.3-4 (New Living Translation, traduction libre)


Le premier Être vivant

C'est ici le premier des quatre aspects de la Bonne Nouvelle (l'Évangile) de Christ.

« Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, qui par la volonté de Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption. » I Corinthiens 1.30

L'Esprit vient en puissance, comme une corne, et il chevauche le premier Être vivant, le lion, pour manifester en nous toute la gloire de Christ. Il est, en effet, très intéressant de regarder ce que viennent faire ces quatre êtres vivants (ou chérubins) dont il est fait mention si souvent dans le livre de l'Apocalypse (voir : Ap 4.6,8-9; 5.6,8,11,14 ; 6.1,6 ; 7.11 ; 14.3 ; 15.7 ; 19.4) ; sur un total de 13 fois. On les retrouvent aussi dans le livre du prophète Ezéchiel, du prophète Ésaie et même dans la Genèse.

Voici, une liste de quelques caractéristiques des Êtres vivants :

Premier point
« Ils étaient remplis d'yeux devant et derrière. » Apocalypse 4.6


Les yeux, comme nous l'avons vu, nous parlent du Saint-Esprit. Ils étaient donc remplis du Saint-Esprit, mais d'une façon tout à fait glorieuse et illimitée : ils avaient peut être des milliers d'yeux, voir même des milliards. Cela parle qu'ils ont des yeux pour voir chaque enfant de Dieu et les toucher puissamment.

Deuxième point
« Ils allaient là où l'Esprit les poussait à aller. » Ezéchiel 1.12 (voir aussi le verset 20)

Ces Êtres vivants étaient soumis à l'Esprit et lui obéissaient entièrement.

Troisième point
« Ces animaux avaient des ailes, et des roues d'une hauteur effrayante cheminaient à côté d'eux. » Ezéchiel 1.18

Cela nous parle de leur puissance de mouvement, de leur dynamisme énorme.

Quatrième point
« Au-dessus du ciel qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose de semblable à une pierre de saphir, en forme de trône. » Ezéchiel 1.26

« Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre Êtres vivants. » Apocalypse 4.6

Ces Êtres vivants étaient le fondement même du trône de Dieu ; ils le supportent et en constituent son assise.

Cinquième point
« J'entendis le bruit de leurs ailes, quand ils marchaient, pareille au bruit de grosses eaux, ou à la voix du Tout-Puissant ; c'était un bruit tumultueux comme celui d'une armée. J'entendis le bruit de leurs ailes, quand ils marchaient, pareille au bruit de grosses eaux, ou à la voix du Tout-Puissant ; c'était un bruit tumultueux comme celui d'une armée. C'était une image de la gloire de l'Éternel. » Ezéchiel 1.24,28

« L'Esprit m'enleva et j'entendis derrière moi le bruit d'un grand tumulte : Bénie soit la gloire de l'Éternel, du lieu de sa demeure ! J'entendis le bruit des ailes des animaux, frappant l'un contre l'autre, le bruit des roues auprès d'eux, et le bruit d'un grand tumulte. » Ezéchiel 3.12-13

Ils accompagnent toujours la gloire de Dieu, et en constituent une manifestation.

Sixième point
« Les séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Mais l'un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu'il avait prise sur l'autel avec des pincettes. Il en toucha ma bouche, et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié. » Ésaïe 6.2,6,7

Ces séraphins sont en tous points identiques à la description que donne l'apôtre Jean sur les Êtres vivants (Apocalypse 4.8). Ce sont donc des Êtres qui ont le pouvoir de répandre le feu de l'autel et de purifier ceux qui les touchent.

Plusieurs commentateurs, qui remontent même aux pères de l'Église, ont déjà constaté que les quatre Évangiles possèdent les caractéristiques propres aux quatre Êtres vivants, et qu'ils en constituent chacun un témoignage particulier :

Matthieu - Évangile du Royaume
Le premier Être vivant : le Lion, qui est le roi des animaux, cela représente la royauté ;

Marc - Évangile du Serviteur souffrant
Le deuxième Être vivant : le Veau, qui est le sacrifice vivant ;

Luc - Évangile du Fils de l'homme
Le troisième Être vivant : l'Homme, qui est le signe de l'humanité de Jésus ;

Jean - Évangile du Fils de Dieu
Le quatrième Être vivant : l'Aigle, qui est le maître du ciel, signe de la divinité de Jésus.


Quoique cela s'avère véridique, allons plus loin en nous attardant plus précisément au Lion. Jésus est appelé à juste titre, le Lion de la tribu de Juda :

« Voici, le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le Livre et ses sept sceaux. » Apocalypse 5.5

La tribu de Juda est devenue la tribu royale, celle où le Roi Messie devait provenir. Or l'Évangile de Matthieu nous présente, plus que tous les autres Évangiles, le Royaume de Dieu et Jésus, Roi de ce Royaume. En Matthieu, il est question 55 fois du Royaume. Mais nous savons que Jésus n'est pas venu établir son Royaume ici-bas de façon manifeste ; il a voulu que son Royaume soit d'abord dans les coeurs de ceux et celles qui allaient croire en lui.

« Cherchez premièrement le Royaume et la justice de Dieu [ ... ] » Matthieu 6.33

Le Royaume est associé à la justice, car elle est la qualité première du vrai Roi.

« Le roi assis sur le trône de la justice, dissipe tout mal par son regard. » Proverbes 20.8

« Un roi affermit le pays par la justice. » Proverbes 29.4

« Puis un rameau sortira du trône d'Isaïe. La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins. » Ésaïe 11.1,5

Voilà qui dit tout : ce premier Être vivant vient magnifier la justice du Messie dans nos coeurs. Il vient la glorifier, sous la direction de l'Esprit, ce même Esprit de foi. Cet être vivant, le Lion, dévore la chair en nous. Il vient établir ce que Christ a accompli à la croix. Il est cette facette de l'Évangile qu'on appelle la justification par la foi. C'est le premier fondement de l'Évangile en nous. Le Saint Esprit vient, accompagné de ses Êtres vivants, glorifier et établir en nous la réalité de Christ. Il nous communique ce que Christ a accompli à la croix pour nous, une justice tout à fait gracieuse, donnée d'en haut par Dieu lui-même.

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