Chapitre 1 - La largeur

Jérôme Pouliot

L'atteinte à la vie adamique

La largeur de son amour nous parle des largesses royales que Dieu a bien voulu nous faire grâce en Jésus-Christ. C'est comme si Dieu avait élargi son coeur pour nous englober dans son plan éternel, malgré le fait que nous l'ayons déjà raté une première fois. En effet, nous étions en quelque sorte tous présents dans la personne d'Adam, quand il a une première fois péché, ce qui a causé notre chute avec lui et le fait d'être chassé loin de la gloire divine.

« C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » Romains 5.12

Or, c'est justement-là que la largesse de l'amour de Dieu vient nous atteindre : en Adam, dans notre nature adamique héritée d'Adam et qui fut contaminée par le péché. En fait, Christ a pris sur lui notre nature adamique, non pas par sa naissance naturelle, car il était lui, sans péché. Mais, c'est lorsqu'il fut cloué à la croix, que là, il a porté sur lui toute la contamination de notre péché.

« Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » II Corinthiens 5.21

Cette identification à notre nature pécheresse c'est fait juste avant d'aller à la croix. Une belle représentation de ceci nous est donnée comme image dans ce qu'Aaron, le grand prêtre (dans l'Ancien Testament), devait faire pour obtenir l'expiation du peuple, le jour des expiations. Il devait offrir non pas un, mais deux boucs comme sacrifice d'expiation pour le peuple.

« Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation. Aaron jettera le sort pour les deux boucs, un sort pour l'Éternel et un sort pour Azazel. Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l'Éternel, et il l'offrira en sacrifice d'expiation. Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant pour l'Éternel, afin qu'il serve à faire l'expiation et qu'il soit lâché dans le désert pour Azazel. » Lévitique 16.7-10

Remarquons bien ceci : un bouc devait servir à faire l'expiation devant l'Éternel et l'autre bouc, à faire aussi expiation mais pour Azazel. Intriguant n'est-ce pas ! Et pourtant, l'image est simple et claire.

« L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra [ ... ] » Ézéchiel 18.20

Le premier bouc devait servir d'expiation et donc, à la fois de couverture et de substitut pour le péché tout court. En réalité, ce premier bouc allait subir le châtiment pour notre péché, devenu partie inhérente de notre nature même. Aaron n'avait nullement à y confesser les péchés du peuple de façon personnelle et détaillée, comme il devait le faire pour le second bouc. Ce premier sacrifice couvrait notre nature pécheresse, et empêchait la colère de Dieu de nous atteindre, car elle tombait sur l'animal substitut. C'est ce qui est premièrement arrivé avec Christ ; il est mort pour notre péché, comme substitut, d'abord en portant la nature même du péché sur lui. Mais Christ n'en est pas resté là, il devait aussi enlever les conséquences personnelles et détaillées du péché dans la vie de tous les jours. C'est pourquoi, Aaron prenait le second bouc vivant et faisait ce qui suit :

« Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché ; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l'aide d'un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert. » Lévitique 16.21-22

Cela signifiait simplement que Dieu ne voulait pas seulement « couvrir notre péché », mais réellement l'effacer une fois pour toutes pour qu'il n'en soit plus jamais question.

« Il aura encore compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ; tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés. » Michée 7.19

C'est une oeuvre totale de justification, que Christ a accompli à la croix et non seulement de pardon. Car il a pris la nature même du péché et toutes ses sales conséquences ; il a porté cela à la croix, pour nous donner en échange une nouvelle vie. Car il ne laisse pas la maison vide ; s'il enlève quelque chose il le remplace par une toute nouvelle nature, sa nature à lui.

« Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. » Ézéchiel 36.25-26

C'est là que Dieu prouve son amour, en élargissant sa tente et sa demeure jusqu'à nous, pour que nous devenions nous-mêmes une tente et une demeure de Dieu, tout cela par pure grâce. L'origine et la nature de notre premier ancêtre, Adam, a déterminé la nature de tous ceux qui allaient suivre après. Cependant, quand Jésus est venu, il a rompu ce cycle car il a débuté en lui-même une nouvelle création, une nouvelle race d'homme.

« Car la puissance de vie donnée par l'Esprit t'a affranchi à travers le Christ Jésus de la puissance du péché qui conduit à la mort. » Romains 8.2 (New Living Translation, traduction libre)


« Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. » II Corinthiens 5.17-18

Dieu est l'auteur de la première création, mais l'origine et le modèle de départ pour tous ceux qui allaient suivre était Adam, un homme devenu pécheur. C'est pourquoi, Christ a paru pour débuter une nouvelle lignée d'homme modelé sur lui-même.

« Dieu savait ce qu'il était entrain de faire, depuis le commencement. Il décida, dès le début, de modeler la vie de ceux qu'il aime selon la réplique même de la vie de son Fils. Le Fils se tient comme modèle d'origine de la lignée de l'humanité qu'il restaure. Nous voyons le modèle originel projeté, dans nos vies, directement en lui. » Romains 8.29 (The Message, traduction libre)

Comme l'apôtre Paul l'explique à plusieurs reprises, Christ est à la fois le dernier et le nouveau Adam :

« Les Écritures nous disent : 'Le premier homme, Adam, fut créé âme vivante.' Le dernier Adam, le Christ est 'un Esprit créateur de vie'. » I Corinthiens 15.45 (New Living Translation, traduction libre)

« Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre ; le second homme est du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. » I Corinthiens 15.47-48

Christ est appelé ici le dernier Adam, car c'est lui qui a mis fin à la première création entachée du péché. Ayant accompli tout ce qu'exigeait la Loi, il a pu mettre fin au caractère naturel du péché qui se reproduisait constamment de père en fils. C'est ainsi qu'il a débuté une nouvelle race d'homme, qui contient de nouveaux gènes « spirituels ». En lui, nous sommes véritablement recréés, régénérés ; une nouvelle nature et de nouveaux caractères nous sont désormais attribués par lui.

« puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » I Pierre 1.23

De la même Parole qui a créé la première race de gens tirée d'Adam, de cette même Parole est tirée une nouvelle lignée portant désormais la nature de Christ.

« Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu. » I Jean 3.9


La nouvelle naissance
Beaucoup de chrétiens ont une idée erronée de ce qu'est réellement la nouvelle naissance. Plusieurs identifient la nouvelle naissance au fait que le Saint-Esprit est venu dans leur vie. Or ce n'est pas que cela ; depuis toujours, le Saint-Esprit est là, présent, inspirant les prophètes de l'Ancien Testament, touchant profondément le coeur d'homme comme David, qui sous son inspiration, a écrit de si beaux psaumes. Certes, avec Jésus, le Saint-Esprit allait pouvoir venir à grande échelle sur tous les croyants, et avec une puissance encore jamais expérimentée auparavant. Mais la touche de base n'est pas la venue de l'Esprit Saint. Dieu avait promis de nous donner un nouveau coeur et un nouvel esprit (Ézéchiel 36.26), en circoncisant d'abord notre coeur. Car pour nous donner un nouveau coeur, il lui fallait enlever l'ancien ; car personne ne peut vivre avec deux coeurs en dedans de lui. C'est pourquoi Christ a exercé une circoncision de coeur, entraînant avec lui dans sa mort, notre vieille nature vendue au péché, péché qui avait mis son emprise au sein de notre propre esprit.

« Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » Romains 7.14

« Et c'est en lui que vous avez été circoncis d'un circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair : ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts. » Colossiens 2.11-12

Il importe de bien comprendre ceci : Ève a été tirée d'Adam, elle est en quelque sorte née de lui, non par voie naturelle bien sûr, mais par une intervention chirurgicale divine qui a fait d'elle « os de ses os, et chair de sa chair » (Genèse 2.23). Nous de mêmes, nous avons été tirés de Christ car nous sommes son Épouse. Nous sommes nés de lui, par une intervention chirurgicale divine, et nous sommes devenus « esprit de son Esprit, corps de son Corps ». Or c'est exactement cela la nouvelle naissance : nous recevons un esprit nouveau, de même essence que Christ. Cela a été rendu possible, parce que Christ a d'abord extrait l'ancien esprit « corrompu par le péché » en le clouant avec lui à la croix. Nous pouvons voir aussi une belle image de ceci dans le fait que le côté de Jésus a été percé juste en bas de ses côtes (Jean 19.34). Dieu avait également dû percer Adam, pour lui en retirer une côte, afin de créer sa femme Ève ; pour ce faire, Dieu a fait tomber sur Adam un profond sommeil (Genèse 2.23). De la même façon, Jésus devait passer par le sommeil de la mort, pour que son Père puisse retirer une de ses côtes et en faire la nouvelle Église, l'Épouse de Christ.

Nous avons été recréés à partir de Jésus, à partir de son corps meurtri et percé. La mort de Jésus a été nécessaire pour porter le coup final et mortel à l'ancien souffle (esprit) corrompu qui nous animait tous. De sa nature et de son essence, nous sommes revenus à la vie avec Christ, ressuscités à une vie nouvelle. L'enfant qui sort du sein maternel meurt réellement à son ancien environnement et à son ancienne manière de vivre et d'exister, pour déboucher dans une toute nouvelle vie. Ainsi en fut-il avec nous : nous avons cessé de vivre au milieu de l'utérus adamique, qui avait été souillé par le péché, pour désormais vivre au plein air de l'Esprit de Dieu. Ce nouvel esprit qui naît de la nature même de Christ, est encore un nouveau-né, et c'est pourquoi il est placé sous la garde directe du Saint-Esprit, qui lui fait office de mère. C'est d'ailleurs le Saint-Esprit qui est l'agent incubateur de ce nouvel esprit en nous, en permettant à la gloire de Christ de nous atteindre. Jésus-Christ devient alors réellement notre nouvel Adam, le père de tous les êtres vivants qui désormais ressusciteront en Christ à une vie nouvelle, au travers de leur foi en lui.

« Il est la tête du corps de l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. » Colossiens 1.18

Voyez-vous, il est important de saisir pleinement ce que dit l'Écriture à propos de la nouvelle naissance. Car il est dans notre héritage de savoir que Christ a réellement initié une nouvelle nature en nous, qui n'est plus soumis au péché, étant sa propre nature.

« Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. » Romains 8.9-10


C'est vraiment une nouvelle donne qui peut faire toute la différence dans notre vie, car elle se réfère à une justice qui nous a été donné d'En-Haut par Dieu, tout à fait gracieusement, et qui n'a rien à faire avec notre propre justice.

« Car le Royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Romains 14.17

Dieu nous appelle à vivre non pas comme une veuve désolée qui combat encore contre le péché, mais comme une épouse hautement graciée qui bénéficie de la nature même de Christ, qui est pleinement victorieuse sur le péché. Il nous suffit seulement de s'en saisir pleinement par la foi, et de vivre de ce qui a été pourvu à la croix de Christ. Car c'est bien jusque-là que la largesse de Dieu s'est rendue, un héritage à la hauteur de l'amour de Dieu qui surpasse toute connaissance.

Un dernier détail intéressant concernant la nouvelle naissance a trait à l'endroit où nous devons passer pour parvenir à cette nouvelle vie. En effet, le nouveau-né doit franchir le passage étroit de l'utérus de sa mère avant de déboucher sur cette nouvelle vie. Nous de même, il nous est demandé d'aller au travers un passage étroit, où nous devons laisser en arrière notre vie au complet, si l'on veut hériter cette nouvelle vie. La vie adamique, souillée et gangrenée par le péché, ne peut pas suivre à travers ce col étroit ; elle doit être laissé derrière soi. Perdre sa vie à Jésus, c'est vraiment la retrouver. Vouloir la garder, chercher encore à l'améliorer, c'est se priver du pouvoir de Jésus de nous délivrer à jamais de cette nature pécheresse. Tant que l'orgueil humain croit encore qu'il y a quelque chose de bon dans sa vie, il se refusera à la perdre entre les mains de Jésus. Si, au contraire, nous reconnaissons qu'il n'y a rien de bon en nous, que notre vie est une faillite complète à cause du péché, il sera alors facile pour nous de l'abandonner entre ses mains, afin de ressusciter avec lui à une vie nouvelle.

« Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la Loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. » Philippiens 3.8-9


Uni dans sa mort et sa résurrection
Comme l'apôtre Paul expliquera souvent, cette nouvelle nature commence comme un nouveau-né en nous et demande à croître. Comme un bébé, il a besoin d'être constamment nourri de la foi qui vient de la Parole de Dieu, pour grandir et s'affirmer dans tous les domaines de notre vie. En tout point, cet esprit est calqué sur le modèle de Jésus-Christ, car par essence, il est né de Lui. Notre union avec Jésus-Christ devient alors complète dans tous les sens du mot, autant dans sa mort que dans sa résurrection.

« Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fut détruit, pour que nous ne soyons plus esclave du péché ; car celui qui est mort, est libre du péché. » Romains 6.3-7

C'est ce que Paul explique aussi dans l'épître aux Galates ; car il dit :

« car c'est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu. J'ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. » Galates 2.19-20

Pensez-y comme il faut ! Dieu ne fait pas les choses à moitié, s'il commence en nous une nouvelle création, c'est qu'il a déjà mis à mort ce qui était auparavant. L'ancien état est dépassé. Ce que nous étions autrefois a disparu. La nouvelle création a déjà commencé ; voici : tout est devenu nouveau (II Corinthiens 5.17-18). Jésus est réellement « le premier-né d'entre plusieurs frères » (Romains 8.29), c'est donc que tous ceux qui suivent après sont appelés à lui ressembler en tous points. De la même façon que Jésus possédait en lui une nature humaine non empreinte du péché, de même, les frères qu'ils recréent en son image possèdent eux aussi une nature humaine régénérée et non entachée par le péché. D'un autre côté, cette nouvelle nature demandera de plus en plus à prendre de l'expansion pour envahir et notre âme et notre pensée. Il y a toute une partie de nous qui a besoin de s'ajuster avec ce nouvel esprit.

Car en effet, si nous avons été régénérés au niveau de notre esprit, l'âme et le corps conservent toutefois certaines traces laissées par le péché. Cela affecte encore nos sentiments, notre volonté et notre intelligence de telle sorte que, par la force de l'habitude, il peut être facile pour le diable de nous ramener à notre ancienne vie. Il est primordial que notre foi demeure ferme face aux attaques de l'ennemi, afin de ne pas se laisser ébranler quant à l'oeuvre déjà accomplie par Christ.

« Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. » I Pierre 5.8-9

La vérité de la Parole pourvoira une foi ferme dans cette nouvelle création opérée en moi par Jésus-Christ. De plus, elle renouvellera notre intelligence afin que notre âme soit lavée de tout mauvais souvenir. Alors, la Parole de Dieu deviendra comme une eau pure qui nettoie les parties conscientes de mon être (mon âme) de la mémoire même du péché. Par la même occasion, elle permet d'éclairer les nouveaux sentiers que mon esprit régénéré est amené à explorer. Le Saint-Esprit administre tout cela comme un doux surveillant ; Il veille à son exécution, et sa propre parole devient comme une arme offensive des plus redoutables pour contrer les attaques qui pourraient survenir.

« Nous sommes humains, mais nous ne combattons pas avec des plans et des méthodes humaines. Nous utilisons les puissantes épées de Dieu, non des épées mondaines, pour abattre les forteresses du diable. Avec ces épées, nous brisons tous les fiers arguments qui gardent le peuple loin de la connaissance de Dieu. Avec ces épées, nous conquérons leurs idées rebelles, et nous leur enseignons d'obéir à (la foi de) Christ. » II Corinthiens 10.3-5 (New Living Translation, traduction libre)

C'est comme si l'on désirerait implanter une nouvelle machine dans une usine ; les employés auraient besoin alors de temps pour réapprendre à fonctionner dans ce nouvel environnement. Il en est de même avec nous ; nous avons besoin d'être constamment renouvelé dans notre intelligence, au moyen de la vérité, afin de réapprendre à vivre selon le modèle céleste. C'est là le travail du Saint-Esprit en nous ; mais nous nous devons d'y participer continuellement en cultivant une relation intime avec le Seigneur. La prière, la lecture de la Parole de Dieu, la louange et l'adoration sont tous des actifs qu'utilisent l'Esprit de Dieu pour nous inciter au renouvellement de notre intelligence.

« Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. » Colossiens 3.1-3

C'est ainsi que l'Esprit Saint peut nous conduire dans les chemins qu'il a tracé d'avance pour nous. Ayant ainsi exploré la largeur de l'amour de Dieu qui s'étend jusqu'à enlever de nous cette nature adamique, pour y mettre la sienne, nous pouvons aussi constater qu'en faisant cela, Dieu le Père pouvait nous adopter comme ses fils et ses filles. Désormais, nous sommes élevés à la position royale qu'occupe son propre Fils Jésus.

« Si par l'offense d'un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ lui seul. » Romains 5.17


L'attente de l'Époux envers son Épouse
« [ ... ] Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. » Éphésiens 5.25-27

Christ nous veut à ses côtés. Il désire élever nos coeurs et nos pensées vers les réalités célestes, pour que nous nous délections de qui il est pour nous et de tout ce qu'il a fait. Comme une fiancée amoureuse de lui, il attend de nous un coeur tout entier pour l'aimer, le suivre, peu importe les contrariétés de la vie. Les psaumes nous décrivent très bien cette relation amoureuse qui existe entre le croyant et son Sauveur.

« Quel autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre, je ne prend plaisir qu'en toi. Ma chair et mon coeur peuvent se consumer ; Dieu sera toujours le rocher de mon coeur et mon partage. Car voici, ceux qui s'éloignent de toi périssent, tu anéantis tous ceux qui te sont infidèles. Pour moi, m'approcher de Dieu c'est mon bien. Je place mon refuge dans le Seigneur l'Éternel, afin de raconter toutes tes oeuvres. » Psaumes 73.25-28

Dans le texte original en hébreux, le mot « infidèles » fait référence à ceux qui se prostituent, qui commettent l'adultère avec quelqu'un d'autre. Dieu nous veut tout entier à lui ; il ne supporte pas l'adultère spirituel. Il nous veut tout près de lui, près de son coeur, à proximité de lui en tant qu'Époux céleste. Il a tout accompli pour rendre cela possible, mais c'est quand même à nous que revient la liberté de répondre à son appel et de choisir de vivre tout près de lui.

« Tu es entrain de tricher Dieu. Si tu ne veux que tes propres voies, flirtant avec le monde chaque fois que tu le peux, tu finiras comme ennemi de Dieu et de ses voies. Et ne présuppose pas que Dieu n'en tient pas compte ? C'est comme un proverbe qui dit : 'Il est un amoureux farouchement jaloux'. Et ce qu'il donne en amour est de loin meilleur à tout ce que tu pourrais trouver ailleurs. » Jacques 4.4-5 (The Message, traduction libre)

Si des termes aussi forts que « tricher », « flirtant », « amoureux », « farouchement jaloux » sont employés, c'est vraiment que Dieu met beaucoup d'accent sur la relation d'intimité que nous avons avec lui. La mort de Christ à la croix a pourvu pour la délivrance complète et définitive de la puissance du péché en nous, et il a complètement libéré le chemin pour nous rendre comme lui, « chair de sa Chair », « esprit de son Esprit ». Mais même, après avoir tant fait pour nous, il ne forcera pas notre amour envers lui. Nous restons libres de le chérir en retour, ou de se laisser envahir par les soucis et les préoccupations de ce monde. Sa grâce n'est jamais quelque chose d'irrésistible ; justement, parce qu'elle est gracieuse, elle attend une réponse positive, libre et volontaire de notre part, à la hauteur de ce que Christ a fait pour nous. À nous de bien choisir, sachant avec certitude que ce que Christ nous offre n'a rien de comparable dans le monde. Son amour est si grand et si merveilleux, qu'il serait insensé de ne pas se laisser entraîner par tant de grâce. Le psalmiste nous avertit encore une fois, dans ce même psaume qui a été cité précédemment, de ne pas laisser nos regards être appâtés par les choses de ce monde, de ne pas se laisser séduire par Satan, le grand ennemi de nos âmes.

« Oui, Dieu est bon pour Israël, pour ceux qui ont le coeur pur. Toutefois, mon pied allait fléchir, mes pas étaient sur le point de glisser ; car je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. » Psaumes 73.1-3

« Quand j'ai réfléchi là-dessus pour m'éclairer, la difficulté fut grande à mes yeux, jusqu'à ce que j'eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j'eusse pris garde au sort final des méchants. » Psaumes 73.16-17

Apprenons à trouver notre joie et notre bonheur tout en Christ, et à ne pas laisser les choses visibles autour de nous, détourner nos regards de lui. Ne regardons pas aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles (II Corinthiens 4.18) ; assoyons-nous avec Christ dans les lieux célestes (Éphésiens 2.6), là où nous avons été transportés par la foi.

« Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour. » Colossiens 1.12-13

Notre Époux céleste ne saurait tarder à agir envers son Épouse qui, jour et nuit, fixe son regard sur Lui ! Les largesses royales de notre Époux sont si majestueuses qu'Il est digne de recevoir de notre part toute la louange, tout l'amour, toute l'action de grâces et bien sûr toute notre fidélité.

« Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. » II Corinthiens 11.2

Avant d'être en mesure de réclamer que sa puissance se déploie sur nous, il nous faut apprendre à vivre en lui, à trouver en lui toute notre allégresse sachant qu'il est la source de notre vie.

« Et ceux qui chantent et ceux qui dansent s'écrient : toutes mes sources sont en toi. » Psaumes 87.7

« J'irai vers l'autel de Dieu, de Dieu, ma joie et mon allégresse. Et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! » Psaumes 43.4

Son autel, c'est là où Christ est mort pour nous, mais où nous aussi nous trouvons la mort de notre vieille nature, et où nous recevons sa nouvelle nature. Tout notre héritage s'y trouve caché en lui. Là, à la croix, s'ouvre aussi pour nous la deuxième dimension de son amour, ce que nous allons explorer dans le prochain chapitre.

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