Prophéties - texte
Morte, quoique vivante
4 janvier 2010
Jérôme Pouliot
En automne 2006, certains signes prophétiques se sont accomplis tels que mentionnés dans un autre article intitulé « Présage prophétique : un changement radical ; 10 septembre 2006 ». Toutefois, j'en ai réalisé dernièrement toute la portée. Nous savons qu'en Jésus-Christ, nous sommes devenus une même plante avec Israël (Éphésiens 2.15). Nous ne remplaçons pas Israël, mais nous en sommes connectés. Ce que le peuple Juif a vécu, l'Église de Jésus-Christ le vit aussi souvent, de façon similaire.
En Zacharie 11 au verset 5 il est écrit :
« Ceux qui les achètent les égorgent impunément ; Celui qui les vend dit : Béni soit l’Éternel, car je m’enrichis ! Et leurs pasteurs ne les épargnent pas. »
Cette image ayant rapport au peuple d'Israël, dépeint très bien l'Église d'aujourd'hui. Nous assistons présentement à la mise en place de ministres de l'Évangile et de pasteurs, qui regardent davantage à leurs rémunérations qu'aux bons soins de leurs brebis. Leur demande incessante d'argent pour pourvoir aux besoins du ministère devient une vraie risée pour l'Évangile.
En réalité, l'Église s'est donnée des bergers selon son propre coeur. Elle a désiré l'abondance et la richesse ; elle ne peut plus entendre parler de renoncement à soi et de contentement.
« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. » 2 Timothée 4.3-4
L'apôtre Paul parle bien ici de l'état final de l'Église ; non des gens du monde, mais bien des chrétiens puisqu'ils avaient déjà entendu la saine doctrine. Ce qu'il applique comme critère pour différencier la vraie veuve de celle qui n'en est pas vraiment une, vaut tout autant pour l'Église. Mais celle qui vit dans le plaisir est morte, quoique vivante :
« Mais celle qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante. » 1 Timothée 5.6
L'Église (ou les chrétiens) qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante. Le même triste constat a été prononcé par Jésus lui-même sur l'Église de Sardes :
« [...] Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. » Apocalypse 3.1
La véritable vie spirituelle se dénote par une recherche continuelle des réalités spirituelles et célestes, un amour ardent pour Dieu et un détachement des choses de ce monde. Le but de notre vie en Dieu, ce n'est pas la satisfaction de soi-même, mais d'accomplir la volonté divine ; voilà ce qui nous nourrit vraiment!
Malheureusement, notre siècle d'abondance et notre société de consommation ont également entraînés l'Église dans un tourbillon de convoitises, de consommation incessante, de recherches effrénées de richesses et de pouvoir. L'apôtre Jude nous avait averti de la venue, au sein des chrétiens, de certains individus qui trafiqueront de la grâce de Dieu pour leur propre avantage personnelle, n'étant pas animés du Saint-Esprit et qui « marcheront » selon leurs convoitises (Jude 1.16). La véritable Grâce de Dieu nous enseigne au contraire à renoncer à nous-même et à se détacher du monde :
« Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété » Tite 2.12
Déplorablement, c'est un enseignement qui est entrain de disparaître de l'Église d'aujourd'hui. Notre condition actuelle se retrouve très bien décrite dans ce que Jésus dit à l'Église de Laodicée :
« Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses–tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » Apocalypse 3.15-17
Ce « vomissement » de l'Église par Jésus lui-même se retrouve également décrit dans ce passage de l'Écriture :
« Je pris ma houlette Grâce, et je la brisai, pour rompre mon alliance que j’avais traitée avec tous les peuples. » Zacharie 11.10
Dieu ne fera plus grâce à l'Église, en tant qu'institution, mais il continuera de frapper à la porte de cette même Église, pour y inviter individuellement chacun qui aura des oreilles pour entendre à se repentir ou réformer ses comportements :
« Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. Adultères que vous êtes ! ne savez–vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » Jacques 4.3-4
En s'obstinant à aimer le monde, l'Église actuelle est devenue ennemi de Dieu. Il lui dit : Je ne te connais pas, tu ne m'appartiens pas... parce que tu appartiens au monde. Il ne reste qu'une seule issue pour Celle-ci :
« Approchez–vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs ; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère ; soyez dans le deuil et dans les larmes ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez–vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. » Jacques 4.8-9
On peut tolérer d'un jeune chrétien qu'il soit encore quelque peu charnel, puisqu'il n'est qu'un enfant. Mais lorsque celui-ci devient mature et qu'il devient encore plus charnel, en endurcissant son coeur jusqu'à croire qu'il n'a besoin de rien, cela devient très dangereux.
« [...] l’assoupissement fait porter des haillons. » Proverbes 23.21
Le Seigneur devient alors son ennemi et l'Esprit Saint combat contre lui. Le Dieu d'amour est aussi un « feu dévorant » (Hébreux 12.29), et « il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Hébreux 10.31).
C'est pourquoi Dieu a révélé au prophète Zacharie cette deuxième réalité :
« Puis je brisai ma seconde houlette Union, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël. » Zacharie 11.14
Au niveau de l'Église, Dieu déclare terminé l'unité des siens. Il ne demande plus de rechercher l'unité, car la véritable unité est impossible entre les chrétiens spirituels et ceux qui ont endurcis leur coeur dans les choses de ce monde. Au contraire, cette parole prophétique de l'Apocalypse prend tout son sens :
« Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. » Apocalypse 18.4
Babylone, la grande prostituée, représente l'ensemble des églises institutionnelles d'aujourd'hui, qui toutes sans exception se sont prostituées avec le monde, le pouvoir et l'argent. Toutes, enseignent des choses contraires à la saine doctrine préférant chatouiller l'oreille des gens par des choses agréables, dans le but d'attirer le plus grand nombre de personnes.
Au milieu de tout cela, il y a un reste fidèle qui demeure attaché aux choses qu'il a appris des Saintes Écritures. Cependant, ces vierges sages devront vivre des situations difficiles et faire des choix judicieux comme le demande la situation actuelle déplorable de l'Église. On ne peut plus se permettre de somnoler, de se bercer d'illusions en se disant que tout va bien, que l'Église est prospère, que le nombre de chrétiens augmentent... Tout cela n'est qu'un vernis de religion, mais la réalité qui se cache derrière est tout autre. Nous sommes dans le « Jésus et moi » ; le vrai maître du coeur reste encore le moi, l'ego, et non Jésus seulement. C'est pourquoi Jésus lui-même va susciter au sein de cette « fausse Église », des situations conflictuelles qui pousseront les Siens hors de la Prostituée, l'Église apostate.
« Car voici, je susciterai dans le pays un pasteur qui n’aura pas souci des brebis qui périssent ; il n’ira pas à la recherche des plus jeunes, il ne guérira pas les blessées, il ne soignera pas les saines ; mais il dévorera la chair des plus grasses, et il déchirera jusqu’aux cornes de leurs pieds. » Zacharie 11.16
L'image du berger qui demandera encore plus d'argent pour combler les grands projets de « son ministère », sera des plus évidentes. Cela n'est plus du tout l'Évangile. Le jugement de Dieu s'exercera d'abord au sein de la Maison de Dieu (1 Pierre 4.17). C'est pourquoi cette prophétie écrite premièrement pour Israël, s'accomplira aussi pour l'Église :
« Dans tout le pays, dit l’Éternel, Les deux tiers seront exterminés, périront, Et l’autre tiers restera. Je mettrai ce tiers dans le feu, Et je le purifierai comme on purifie l’argent, Je l’éprouverai comme on éprouve l’or. Il invoquera mon nom, et je l’exaucerai ; Je dirai : C’est mon peuple ! Et il dira : L’Éternel est mon Dieu ! » Zacharie 13.8-9
Alors, ne soyons pas étonnés, s'il y a un feu au milieu de nous pour nous éprouver. C'est au contraire un signe, qu'une fois sortie de Babylone, de cette Église prostituée, il faut aussi s'attendre à ce que Dieu sorte de notre coeur toutes traces de cet esprit de prostitution d'avec le monde. Pour ce faire, il emploiera le feu des épreuves. Nous nous sentirons souvent dépouillés, dévastés, comme délaissés par Dieu, mais le juste ne vit pas sur ses sentiments mais sur sa foi. Cette même foi, provenant du Saint-Esprit, pourvoira aussi joie dans l'épreuve, consolation et contentement dans le peu comme dans l'abondance. L'essentiel c'est de toujours se coller à Christ, de demeurer sous son sang, brisé et humilié, sachant que notre vie est cachée en Lui (Colossiens 3.3-4).
La véritable Église, tout comme la vraie veuve, est celle qui :
« [...] met son espérance en Dieu et persévère nuit et jour dans les supplications et les prières. » 1 Timothée 5.5
