Jérôme Pouliot
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J'aimerais vous raconter le songe que j'ai reçu, de la part du Seigneur, le 9 janvier 2009.
Je me retrouvais au milieu d'un grand rassemblement chrétien. Au début, tout semblait aller pour le mieux, mais à un moment donné, j'entendis que l'un avait été mandaté pour tuer un autre, de même un autre pour la même chose et un autre… Je vis bien que cela n'était pas de Dieu. Alors je me levai pour dire à toute l'assemblée un texte que j'avais préparé; je leur disais, entre autre, qu'étant frères, nous devions nous aimer les uns les autres, se rendre les serviteurs les uns des autres et non commencer à vouloir liquider un frère ou une soeur qui nous dérange.
J'avais à peine fini de lire mon texte que je vis un jeune s'approcher de moi avec un revolver (fusil à répétition) pour me tuer à mon tour. Mais d'autres personnes s'approchaient de moi pour me demander une copie de mon texte qui les avait touchées. Je leur dis qu'ils trouveraient ce texte sur notre site Internet… et je commençai à dire au jeune qui voulait me tuer, qu'il n'avait pas besoin de le faire, puisque je quittais le mouvement à l'instant même, que je m'étais trompé sur leur origine cosmique, naturelle… Puis je partis, pour essayer de sortir de ce lieu. En quittant, j'entendis la voix du Saint-Esprit me disant clairement :
« Ce mouvement s'appelle « Yesous Kaï Maï », il est d'obédience italienne. Il fait que tous ses adeptes s'habillaient en vert et en blanc, qu'ils faisaient beaucoup d'exercices, en agissant de façon bien structurée et disciplinée. Ces gens étaient entraînés à se prosterner par terre, puis à confesser leurs péchés… mais cela n'allait pas plus loin. Ceux-ci allaient devenir un mouvement précurseur de l'Antéchrist. »
Comme j'essayais de sortir de ce lieu, c'est avec une grande peine que j'y réussi. Je passais près des murs escarpés, où je devais abandonner tout sac et tout fardeau sur mes épaules, et de plus, il fallait que je me tienne à deux mains après une barre de fer pour ne pas tomber.
Puis enfin, j'arrivai à l'air libre, hors de ce lieu presque infernal. Je vis que d'autres adeptes de ce mouvement venaient vers moi pour me demander des précisions sur mon texte. Je rencontrai aussi un instructeur qui m'avoua que ce mouvement ne devait pas dévier de sa trajectoire originale, mais malheureusement… (Fin du rêve)
Ce songe m'a été donné pour me montrer clairement la condition actuelle de l'Église. « Yesous Kaï Maï » est une expression qui signifie simplement « Jésus et moi » :
Yesous = Jésus
Kaï = et
Maï = moi
C'est le mouvement « Jésus et moi » ; suivons Jésus, mais continuons à aimer et à nourrir le moi, l'ego. Servons Jésus, mais servons aussi le moi. Les couleurs de son vêtement, soit le vert et le blanc, dénotaient la dualité de sa vie, le partage de son coeur entre Jésus et le moi. Le blanc, parle bien de pureté, de virginité, car ceux-ci ont reçu le pardon de leurs péchés en croyant en Jésus. Comme les vierges folles (lire Matthieu 25.1-13), ils ont confessé leurs péchés, ils se sont prosternés devant Jésus, mais ils n'ont pas gardé leurs robes blanches. À propos de la couleur verte, c'est la vie naturelle, cosmique. Le mot cosmique vient de « cosmos », qui signifie monde. Donc, l'amour du monde a vite repris le dessus dans leur vie. D'obédience italienne, car comme les italiens qui sont reconnus pour être de bons vivants, ils ont voulu faire reverdir leur moi, leur ego. C'est comme si le renoncement à soi ne valait que la journée où l'on accepte Jésus et qu'on demande pardon pour ses péchés; mais qu'après, on peut recommencer à vivre pour soi-même. On oublie l'exhortation de base donnée par l'apôtre Paul, la simplicité de l'Évangile :
« Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts; et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus POUR EUX-MÊMES, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » Corinthiens 5.14-15
On se détourne de l'objectif premier de l'Évangile « renoncer à soi-même » afin de vivre pour Christ, et cela à tous les jours.
« portant toujours avec nous dans notre corps LA MORT de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. » 2 Corinthiens 4.10
« Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée : Elle nous ENSEIGNE À RENONCER À L'IMPIÉTÉ ET AUX CONVOITISES MONDAINES, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété. » Tite 2.11-12
« Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, QU'IL RENONCE À LUI-MÊME, QU'IL SE CHARGE DE SA CROIX, ET QU'IL ME SUIVE. Car celui qui voudra SAUVER SA VIE (littéralement : son âme, son moi) la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » Matthieu 16.24-25
C'était la crainte de Paul, de voir les chrétiens de Corinthe « se détourner de la simplicité de l'Évangile » (2 Corinthiens 11.3). Satan, par sa ruse, cherche encore à tromper l'Église avec le même vieux mensonge qui a séduit Ève : « Vous serez comme des dieux… » (Genèse 3.5). Autrement dit, ton moi s'élèvera et tu deviendras comme un dieu, et les autres te devront soumission et obéissance, tout tournera autour de toi.
C'est pourquoi il m'a été dit dans le songe, que ce mouvement « Jésus et moi », allait être précurseur de l'Antéchrist. L'Évangile parle et élève « Christ seulement ». Il doit prendre toute la place, lui seul en premier et le moi tenu mort à la croix. Cet autre évangile, ce nouveau mouvement « Jésus et moi », parle au contraire qu'après avoir confessé tes péchés et être venu à Jésus, tu peux recommencer à vivre pour le « moi », à satisfaire tes plaisirs, tes aspirations, tes ambitions, réaliser ta destinée, ta carrière, etc. Ce fut là exactement la tentation du Serpent envers Ève, et le mouvement que lui-même, Satan, a inauguré, en s'élevant lui-même au-dessus de Dieu. Il a regardé son moi, il s'est tourné vers lui-même, et s'est trouvé beau et sage :
« Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées; je t'avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu'à celui où l'iniquité a été trouvée chez toi. par la grandeur de ton commerce tu as été rempli de violence, et tu as péché; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. TON COEUR S'EST ÉLEVÉ À CAUSE DE TA BEAUTÉ, Tu as corrompu ta sagesse par ton éclat… » Ézéchiel 28.14-17
La même tentation est survenue au roi Saül, et lui aussi, il a été rejeté parce qu'il a cru pouvoir servir Dieu et « son moi ». Le prophète Samuel lui avait ordonné clairement et très explicitement d'attendre sept jours, jusqu'à ce que lui-même arrive auprès de lui pour lui dire ce qu'il devait faire (1 Samuel 10.8). Entre autres, le prophète disait qu'il devait descendre vers Saül pour offrir des sacrifices d'actions de grâces afin de confirmer sa royauté. Mais que fit Saül ?
« Il attendit sept jours, selon le terme fixé par Samuel. Mais Samuel n'arrivait pas à Guilgal, et le peuple se dispersait loin de Saül. Alors Saül dit : Amenez-moi l'holocauste et les sacrifices d'actions de grâces. Et il offrit l'holocauste. Comme il achevait d'offrir l'holocauste, voici, Samuel arriva, et Saül sortit au-devant de lui pour le saluer. Samuel dit : Qu'as-tu fait ? Saül répondit : Lorsque j'ai vu que le peuple se dispersait loin de moi, que tu n'arrivais pas au terme fixé, et que les Philistins étaient assemblés à Micmasch, je me suis dit : Les Philistins vont descendre contre moi à Guilgal, et je n'ai pas imploré l'Éternel! C'est alors que je me suis fait violence et que j'ai offert l'holocauste. Samuel dit à Saül : Tu as agi en insensé, tu n'as pas observé le commandement que l'Éternel, ton Dieu, t'avait donné. L'Éternel aurait affermi pour toujours ton règne sur Israël ; et maintenant ton règne ne durera point. L'Éternel s'est choisi un homme selon son coeur, et l'Éternel l'a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n'as pas observé ce que l'Éternel t'avait commandé. » 1 Samuel 13.8-14
Saül mit son moi au-dessus des demandes du prophète, au-dessus des ordres même de Dieu : « Amenez-moi l'holocauste… ». Dans le fond, il disait : « Moi, je suis assez digne pour offrir moi-même l'holocauste ». Son propre ego s'éleva au-dessus de Dieu, pensant satisfaire par sa propre justice les exigences de Dieu. C'est là, tout le propre de Satan, de s'élever lui-même au-dessus de Dieu, et de mettre son moi au-dessus de Dieu. Plus tard, le gros « ego » de Saül allait devenir de plus en plus en évidence. Le prophète Samuel lui ordonna d'aller et de dévouer par interdit Amalek (1 Samuel 15.2-3) en exterminant tout, hommes, femmes, enfants, boeufs et brebis, chameaux et ânes. Une fois encore, Saül refusa de renoncer à son moi, et préféra garder le meilleur du « moi » en vie :
« Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, et les meilleures brebis, les meilleurs boeufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu'il y avait de bon; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif. » 1 Samuel 15.9
Cela ressemble à la pensée magique d'aujourd'hui : Pourquoi renoncer à moi-même, puisqu'il y a encore de bonnes choses en moi! Conservons le meilleur de nous-mêmes, « tout ce qu'il y a de bon » et permettons lui encore de vivre; nourrissons notre vie, notre recherche de plaisirs, notre désir des richesses et la promotion de soi… il n'y a rien de mal à se faire du bien !
Mais cela contrevient à l'ordre de Christ qui nous a expressément dit, que si nous voulions le suivre, nous devions renoncer à nous-même. Lui seul doit être le premier dans nos vies, et non « Jésus et moi ». Qu'est-ce que Dieu a répondu à Saül par l'intermédiaire du prophète Samuel :
« L'Éternel adressa la parole à Samuel, et lui dit : Je me repens d'avoir établi Saül pour roi, car il se détourne de moi et il n'observe point mes paroles. Samuel fut irrité, et il cria à l'Éternel toute la nuit. » 1 Samuel 15.10-11
Le « Moi » de Dieu doit régner de façon absolue, et il ne peut pas cohabiter avec « mon moi » sur le trône. Dieu n'est pas un homme pour se soumettre à moi, c'est moi qui doit me soumettre à Lui, en renonçant à ma volonté.
« Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l'est pas moins que l'idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l'Éternel, il te rejette aussi comme roi. » 1 Samuel 15.23
La résistance, c'est s'obstiner devant Dieu et continuer à vouloir en faire à sa tête selon son « moi ». On connaît la vie de Saül qui est vite devenu meurtrier, pour essayer de garder à tout prix cette royauté. Le moi devient vite affreux s'il est placé sur le trône, car la force de la chair voudra vite évacuer et liquider tout ce qui menace sa royauté personnelle. À plusieurs reprises, Saül voulut tuer David, celui que Dieu avait choisi pour roi afin de remplacer Saül. Saül tua également quatre-vingt-cinq (85) sacrificateurs portant l'éphod de lin (1 Samuel 22.18).
Le « moi », pour se tenir au pouvoir, deviendra vite meurtrier et c'est ce que je vis aussi dans mon songe concernant l'Église chrétienne d'aujourd'hui. Jésus nous a bien averti :
« Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Luc 16.13
Il ne peut y avoir deux maîtres en moi. Si je laisse mon « ego » sur le trône, vite je délaisserai Jésus, le second maître, et je deviendrai juste bon et tiède à « être vomi de Sa bouche » (Apocalypse 3.16). Mais si au contraire, je place vraiment Jésus seul sur le trône, alors je délaisserai progressivement le « moi » pour finir par ne plus l'écouter. Toutefois, j'ai un choix très clair à faire : « Renoncer à moi-même » ; ce n'est pas une option, c'est un impératif, une obligation, une nécessité si je veux voir la vie de Jésus se manifester pleinement en moi. Car nous ne devons pas seulement posséder Jésus comme seul Maître au détriment de notre « moi », mais nous devons aussi recevoir Jésus comme seule source de vie et ressource, et cesser de dépendre des ressources de notre « propre moi ».
« Car mon peuple a commis un double péché : Ils m'ont abandonné, Moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l'eau. » Jérémie 2.13
Posséder Jésus comme seule source, c'est aussi renoncer à sa propre sagesse, à ses propres forces afin de pourvoir à ses besoins.
« Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse » Proverbes 3.5
« … N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » Romains 12.16
« Ainsi parle l'Éternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d'avoir de l'intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l'Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre; car c'est à cela que je prends plaisir, dit l'Éternel. » Jérémie 9.23-24
« Dieu a parlé une fois; deux fois j'ai entendu ceci : C'est que la force est à Dieu. À toi aussi, Seigneur ! la bonté; car tu rends à chacun selon ses oeuvres. » Psaumes 62.11-12
La Source de toute vie vient de Jésus et pour le suivre, nous ne pouvons nous embarrasser des affaires de la vie :
« Il n'est pas de soldat qui s'embarrasse des affaires de la vie, s'il veut plaire à celui qui l'a enrôlé. » 2 Timothée 2.4
Nous avons besoin de renoncer à soi-même en se déchargeant des fardeaux que le monde voudrait nous imposer ; puis renouvelé dans notre intelligence par l'Esprit de Dieu et sa Parole (Romains 12.2), c'est Lui qui doit devenir « le nouveau Roi sur le trône » de notre coeur, « la nouvelle Source de vie » qui remplit notre être tout entier d'un bonheur céleste et glorieux.
« Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. » Romains 13.14
Car il y a une prise de conscience de base que tout chrétien doit réaliser :
« Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair… » Romains 7.18
Si, en rentrant en nous-même, nous prenons conscience de cette réalité de base, alors il ne sera pas difficile de se détourner de ce vieux moi corrompu, tordu, sale… Mais si nous sommes convaincu qu'il y a encore du bon en nous, alors nous continuerons à vouloir satisfaire notre moi personnel, ce qui n'est que vanité et tromperie. C'est une illusion achetée directement du diable.
« Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, AFIN QUE VOUS NE FASSIEZ POINT CE QUE VOUS VOUDRIEZ. » Galates 5.17
Il ne nous reste qu'une solution : aller résolument et délibérément vers Jésus seul, le suivre Lui seul, se confiant en Lui seul. Certes, Il saura rassembler les siens autour de Lui, car ce mouvement de « Jésus et moi » ne peut que se scinder en deux :
Ceux dont Jésus deviendra le seul Maître, et qui pour sauver leur vie spirituelle devront quitter le mouvement du « Jésus et moi ». Et ceux dont « le moi » deviendra le seul maître, et qui, trompés par l'ennemi, se feront répondre un jour par Jésus :
« … Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. » Matthieu 25.12
C'est là que prend tout son sens en la Parole que Jésus a prononcé sur de telles personnes :
« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le Royaume des cieux, MAIS CELUI-LÀ SEUL QUI FAIT LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST DANS LES CIEUX. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. » Matthieu 7.21-23

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